Interview de Florent, un skipper

Publié le par Grassineau Benjamin



La parole aux marins n° 2. Florent, 26 ans, travaille en Charente Maritime, à l’agencement des bateaux depuis 1 an et demi, dans un chantier naval de plaisance. Il est né à Abidjan, et a été élevé dans divers pays étrangers où ses parents se rendaient par la mer en bateau de plaisance, qu’ils remettaient en état eux même.

Il revient du Cap Vert où il a été skipper pendant deux ans.

 
Solidarité
 

La solidarité, je ne sais pas. Quand j’ai eu le pépin, j’ai vu un bateau assez éloigné, il n’était peut être pas équipé de VHF, mais je n’ai eu de l’aide qu’une heure trente après et pourtant je n’étais qu’à 6 kilomètres des côtes, grosso modo.

C’est un bateau de travail avec les touristes, qui m’a entendu. Ils étaient derrière une pointe rocheuse, tout de suite ils sont venus. Un de mes clients a été attaqué par un requin. Il y avait quatre bateaux.

La solidarité, n’est pas généralisée. Je ne les ai pas vus, eux ils ont tout vu, le temps que je remonte l’ancre et que je rentre, ils ont déjà raconté l’histoire. Quelle solidarité tu veux devant cette histoire !

Il ne serait peut-être pas mort, s’il y avait eu une aide plus tôt ; Il a tenu 3/4 d’heure, j’ai donné ma position en toutes les langues, puis j’ai fait route sur le port, donc solidarité entre guillemets… je l’ai vu mourir… cauchemar, pendant 3 nuits je n’ai pas dormi après.. je l’ai mis dans le cercueil avec tout le respect du monde. Ce qui a été horrible, il y avait juste au port quand je suis arrivé, juste un petit point santé. C’est un bateau européen qui nous a aidé, avec deux médecins autrichiens, ils n’ont pu le ranimer.

La plage était à 50 mètres, il partait à la nage avec sa femme… j’étais sur le bateau, l’ancre était mal accrochée, je devais les rejoindre dans 10 minutes. Des enfants se baignaient, il y avait 4 bateaux au mouillage… Il y a eu un gros clapotis sur l’eau, le mec levé dans les airs et la tête du requin sur l’eau. J’ai démarré le bateau à toute vitesse, je ne m’étais pas imaginé une telle violence. C’était un requin tigre, le requin il n’a pas tourné, il n’a pas observé sa proie… Tout le monde se baignait, c’était une île déserte, un gros rocher avec des criques. Les gens ont sorti le mec de l’eau.

Moteur démarré, j’essaie de rapprocher le bateau pour hisser le mec à l’arrière du bateau, l’arrière du bateau est devant lui, j’essaye de le lever, 90, 100 kilos en bon allemand. J’ai été aidé pour finir.

Il a d’abord vu sa main presque sectionnée, il a fait, je suis sur un début d’infarctus quand il a vu qu’il avait perdu sa jambe il a fait un infarctus. J’ai été aidé pour lui faire un garrot. On a tout de suite fait route, sa femme était paniquée. Il a vite eu une mauvaise oxygénation, les trois autres bateaux ont suivi.

Le requin, il savait qu’il y avait du nettoyage fréquent de poissons ici, il savait qu’il y avait du poisson qui tombait. Bernard a du être attaqué, car il était très, très blanc et qu’il nageait très, très mal, il y a du avoir confusion pour le requin.


La solidarité elle existe chez les « gitans de la mer » qui se baladent. Ca arrive à être la petite famille. Quand on est arrivé avec mon père sur notre bateau Ben au Cap Vert, on n’avait pas un rond, ils nous ont aidé à chercher des solutions. En Mauritanie, on s’est fait plumer, et on avait à peine de quoi payer l’immigration. On a vendu nos portables, nos CD, nos guitares…

Oh oui, j’ai aidé, je me suis dévoué pour aider à dégager des bateaux échoués. C’est presque automatique. Quand on a appris qu’il y en avait un qui avait échoué sur les cailloux, on y a été, pendant six heures. On a sorti le bateau du sable. C’est presque impulsif, les gens de bateau se sont proposés. C’étaient des allemands qui avaient échoué. Ils avaient dégagé tout le vin du bateau et j’ai encore leur image, de les voir buvant ce vin. C’était une réaction au choc. Leur bateau était très abîmé et nous l’avons sorti juste à temps, de 7 heures du soir à 3 heures du matin nous nous sommes débattus pour le sortir.

Un bateau en détresse, j’irai immédiatement l’aider, au moins je chercherai, même si c’était un cargo, c’est je sais démesuré et je me suis déjà posé la question. Au niveau de l’aide en mer c’est très généralisé.

Pourtant malgré le message de déroutement du bateau de pêche pour qu’on ne lui barre pas la route car il est prioritaire, le chalutier a été coupé en deux par un cargo. Les cargos, c’est autre chose. Je n’ai jamais été pour un cargo. On a failli nous faire rentrer dedans par des chalutiers. Je les voyais loin, mais c’était la lueur de leur projecteur qui paraissait atténuée. Puis j’ai vu un gyrophare, c’est qu’ils allumaient et éteignaient leurs projecteurs pour me prévenir. J’étais à 15 mètres d’eux quand j’ai braqué. 

 
IDENTITE
 

Nous les plaisanciers on navigue tous pour notre plaisir, mais différemment. Il y en a qui ont des bateaux mais qui vivent en marina, et des gens qui vivent sur leurs bateaux. Le mec qui a son bateau pour faire un tour avec même si c’est plus que des ronds dans l’eau, il se divertit, bon moins peut être, mais ce sont des gens comme tout le monde, car ils ont un travail, et tout. Il faut faire la part des choses car ce n’est pas du tout le même type même s’il prend une année sabbatique. Il alimente ses rêves de ronds dans l’eau pour partir ou ne pas partir, il en est au stade embryon. C’est très différent du « gitan de mer » qui lui a fait le pas. Il est parti. Et ce n’est pas toujours rose et pas toujours les cocotiers et le soleil ! Il faut pas mettre tout le monde dans le même tas, c’est très différent de mentalité et de personne.

C’est le même plaisir, mais un au stade d’embryon et l’autre réalise son rêve avec son bateau, maison et cocon. Les autres prennent des coups de rêves pour en alimenter leur pensée… c’est pas vivre vraiment le voyage. S’amuser en mer… c’est la même illusion, le même sentiment.

Il y a un petit aparté au niveau du plaisir. Au moment où tu pars tu es triste et préoccupé de prendre la mer et hyper heureux de voir la terre. Il y a des gens qui n’ont pas de bateau, qui en louent car ils ont la passion de la mer, de la voile, du calme de tout ce que ça comprend. Au niveau charter tu le vois très bien. Pour une traversée de 48 heures il y a un moment sans voir la terre. Quelle joie de la revoir. C’est une sensation impressionnante de revoir la terre, une lueur à l’horizon… tu vas mettre le pied à terre. Rien que d’y penser de l’avoir vécu, je le ressens encore.

Ce sentiment les gens qui font des ronds dans l’eau ne le ressentent pas.

Le gros de mes apprentissages, c’est Bernard Moitessier. Il racontait que les gens de Singapour partaient avec rien, ils n’avaient que les étoiles. Lui il partait avec des épaves, sur l’île de l’Ascension, où un cargo l’avait emmené, il avait le projet de faire un bateau en papier, pour un seul voyage, collé avec la résine trouvée sur place. Il a trouvé un bateau qui l’a emmené en France. Il a eu un bateau en acier qu’il a quand même foutu à la côte. Sur les photos qui illustrent son livre, à 60 ans, c’est un homme très maigre, on le voit en train de vider son bateau du sable.

C’était un plaisir+++ pour lui, 8 mois sans toucher la terre, il avait une énorme barbe. Mais c’était plus que du plaisir !

 

Mais ça dépend des professionnels, du domaine, pour les cargos, je n’ai pas trop d’opinion, ça me déplait. Ils ont le prestige, mais le dégazage, les containers tombés à la mer si dangereux pour les plaisanciers. Capitaine au long cours je ne sais pas si c’est un homme de mer. Les pêcheurs, oui ce sont des hommes de mer. Ils ont une alliance avec la mer, tout comme le plaisancier confirmé.

Pour l’instant je fais de l’agencement de bateau, je le fais avec passion, car c’est relationné au bateau, ma passion, mon trip. Je revendique quand je négocie avec mes employeurs : «vous avez de la chance de trouver quelqu’un à qui ça plaît ».. Dessiner les bateaux me rendrait l’homme le plus heureux du monde, même poser des cloisons ça me plaît. Dès que je mets les pieds sur un bateau, ça me plaît. 

Les règles de vie, heureusement, elles me paraissent les même. C’est plutôt le rythme de vie qui diffère. C’est un monde à part, plutôt à portée du monde, car tu es de l’autre côté, soit sur la plage tu regardes la mer, soit sur le bateau tu regardes la terre. C’est le même monde mais il est divisé quand tu es sur la mer.

Il y a la même convivialité quand tu es sur le bateau, tu es invité, tu fais connaissance avec les autres, comme à terre il y a des relations. C’est le même monde entre humains, entre personnes. C’est plus accentué car il y a plus de solidarité.

« Le monde est un mouchoir », tu retombes sur les même gens, pas par coïncidence, car c’est les même routes pour les bateaux. Ca crée des liens qui équivalent à des liens sur terre, comme des liens d’amis d’enfance, des potes du long cours comme si l’on avait grandi ensemble. 

Tu ne vis pas dans un monde à part, tu vis séparé par la mer. La vie est la même et pas différente, seulement, il y a d’autres conversations, d’autres thèmes, on parle de pélicans, de poissons… Les plaisirs de la vie sont peut être plus accentués, vécus plus sincèrement.

Sur terre, on utilise du social. C’est à dire que les valeurs sur terre, le fait de garder le contact, ça peut être utile un jour ou l’autre. Sur le bateau le contact, tu le gardes par sentiment.

En bateau, tu peux être seul facilement, à terre c’est difficile, si tu en as marre de la mesquinerie des autres tu es obligé de faire avec.

Les nordiques, genre suédois, ils sont très « cons », les danois, tous ces gens des pays du nord, ils sont froids, différents, très rudes avec une autre mentalité. Ils ne feront pas le tour des bateaux pour voir qui est là. Pourtant, j’en ai connu des sympas. Mais ce n’est pas le même genre de convivialité, de vie sur mer, les hollandais aussi sont du même genre. Mais peut être, oui c’est clair, c’est un problème de langue. Ce sont surtout des français, des anglais, des américains.

Dans la baie de Mindelo, au Cap Vert, il y a 50 bateaux français, pour 20 bateaux de différentes nationalités. Tu as énormément de plaisanciers français, on est les premiers mondiaux.

J’ai aidé des danois, je leur ai trouvé une solution pour garder leur bateau car ils devaient retourner se faire opérer rapidement chez lui. 

Soit on aime naviguer, soit on aime pas, ensuite il y a différents degrés. On ne peut pas généraliser. Pas au début, pas quand tu commences, tu n’as aucun sens de la mer, que la peur et l’incertitude. Ca s’apprend. Le fait de travailler sur la mer, ou de vivre ça demande une grande dextérité physique ou psychique, l’esprit marin, le fait que tu puisses te sentir bien sur un bateau, même en te sentant vasouillard, ça s’apprend. Tu ne l’as pas dans le premier pas sur un bateau. Ca c’est sur. Il y a des gens qui ne l’ont jamais. 

La motivation pour un professionnel, c’est l’argent. Pour un plaisancier, c’est pour se décontracter en mer, ne serait ce que pour sentir le calme, le bruit des voiles. La frime, c’est pour le moteur, mais peut être qu’ils aiment, je ne comprends pas. C’est aussi pour l’adrénaline, le fait de vouloir faire du sport.C’est vouloir s’arracher. En majorité ce qui fait faire le pas à partir, (même si cela n’arrive pas tous les jours), c’est le ras le bol du système, la société et son ras le bol. Il faut vouloir la liberté pour faire le pas.

La pêche en amateur peut être une motivation pour faire des ronds dans l’eau.

L’ambiance, ça dépend… ça peut être très, très bien mais ça peut finir au couteau. C’est le problème de la vie en commun dans un espace réduit. Il y a des couples heureux, qui ont une bonne entente et qui sur le bateau ne peuvent vivre ensemble. Sur un bateau, c’est trop réduit, tu ne marches pas. Ca crée même des problèmes. B.Moitessier ne savait plus marcher après 6 mois de mer.

Quand tu arrives à un endroit, c’est aussi le fait de découvrir toi même cette terre, c’est une autre joie de découvrir l’autre peuple, leur manière de voir, même si tu es déçu.

Tu es libre, si ça se passe mal tu hisses les voiles. Rien ne t’empêche, tu es libre, libre. C’est la découverte.

 
VIE D’EQUIPAGE
 

L’entraide est impérative. La confiance doit s’instaurer. La solidarité même dans le plaisir, s’il n’y en a pas, ça ne marche pas et ça arrive malheureusement.

Tout doit être en harmonie, car en fait c’est harmonieux ; je peux l’entrevoir par ma folie, mais je suis persuadé que des détails non approfondis, que le vent faisant pression sur ta voile fait avancer ton bateau en harmonie du système de fonctionnement. Quand tu règles tes voiles, tu as une seule manière de les régler, les conséquences sont négatives sur le bateau, si tu as mal réglé. C’est de même pour l’équipage où il doit y avoir une relation harmonieuse.

Je suis né avec, je suis né sur la route à Abidjan. Qu’est ce que ça doit frustrer de ne pas partir, distorsion de la pensée, il ne devient plus noble. Que des inconvénients de ne plus partir. 

Oui, je pense que l’isolement renforce la solidarité. Peut être pas sur des usines à conserve, mais avec un petit équipage, la solidarité est presque immesurable. C’est peut être du au fait que comme chez les prisonniers, ils sont solidaires, car il y a l’isolement, ça préconditionne une solidarité, même si ça ne naît pas de l’amour, ni de l’amitié, c’est un sentiment beaucoup plus pur qui répond à une situation donnée.

C’est sur qu’on ne prend ou qu’on ne prendra pas la mer si l’équipage est merdeux. Ca crée une solidarité, mais ça peut engendre des engueulades, du stress, mais ça se résorbe facilement, par exemple dans un coup de chien. Ca se résorbe, c’est rare que ça tourne mal.

Dans un équipage extérieur, une personne en plus, ça peut foutre la merde, car il y a exclusion de la nouvelle personne. Les autres sont habitués à vivre ensemble. Je l’ai vu sur les charters. Dans un premier temps en tant que skipper, tu dois faire tout pour la rentrer. Des apartés qui contredisent la solidarité.

Les pêcheurs savent tous les jours, ensemble, risquer leur vie pour les autres. C’est très naturel. Si le mec tombe à la mer, ils vont tout faire pour le récupérer, il ne sera pas largué à moins que ce soit des assassins. Il ne peut pas être largué. C’est une norme sans être une norme, une loi sans être une loi. 

Oui, cette solidarité est plus que nécessaire, elle est importante, elle est vitale. Il n’y a plus personne qui partirait si elle n’existait pas. On ne partirait plus.

Ceux qui partent tout seul, c’est une force de caractère. Je pourrais facilement le faire, je l’ai fait un peu. Mais c’est un aparté. Déjà ce sont des gens qui n’ont pas peur de la solitude. Ils font un pas que ne fait pas tout le monde. C’est de l’inconscience, chez certains. J’en ai rencontré un ancien camionneur, il était depuis deux ans déjà sur un bateau, mais un tel extrême ! Il s’est fait couper l’orteil qui était gonflé comme une rose. Il disait regardez, je ne sens rien. C’est un peu de l’inconscience, car il n’a pas pris de précaution et risque un pépin de l’ordre du non retour.

On ne prend pas du tout les mêmes risques, quand on est seul. Si les gens ne sont pas conditionnés à cela. Le pas que fait la personne, c’est de surmonter la peur de se retrouver dans un pépin toute seule. 

On cherche à désamorcer le conflit, par tous les moyens. Comme dans un charter, si jamais il y a une personne qui fout la merde, j’ai le droit de la débarquer, car ça peut être dangereux. Tu essaies de désamorcer, de calmer, mais cette personne doit être débarquée, car si il y a un danger, elle n’aidera pas. Sur un bateau, il faut être unis. 

La nouvelle personne, par moments, elle est exclue au début ; sa main d’œuvre sera la bienvenue, donc on va l’intégrer malgré l’exclusion directe. A l’apéro, dans la conversation, au début, elle sera exclue. Il faut qu ‘elle donne de soi et que l’équipage donne du leur pour l’intégrer, car le milieu est très restreint. C’est pas évident. 

C’est toujours la même personne qui prend les décisions. Mais s’il y a un accord mutuel dans la plaisance, pour changer de cap, pour voir autre chose, en cas de problème technique comme si une dépression arrive, c’est la même personne qui va décider le changement de cap. C’est la même personne, toujours la même personne.

Une personne empoche la responsabilité. C’est une loi. S’il y a un pépin, il ne faut pas de divergence dans la responsabilité. 

Les équipiers ne sont pas obligatoirement polyvalents. Mais à partir d’un certain stade, tu peux faire un peu tout car tu as des notions. Tu as vite fait d’apprendre le fonctionnement. Tu es à même au bout de 3 ou 4 ans de faire tout. Il y a des gens pas du tout polyvalents, dans le domaine du sport, du loisir de la passion. 

A terre, ça dépend dans quelle situation, la relation change, tu vas rester en contact, l’influence du monde change. La proximité, la profession, tout change. Tu as perdu tout en gardant l’amitié, tu vas perdre la relation. Mais c’est surtout en fonction des gens. C’est impulsif, c’est la manière de rentrer dans les amitiés. Ca crée un choc psychologique, quand tu rencontres une personne que tu as perdue de vue depuis longtemps. Tu réagis ensuite selon la pensée. 

L’interaction entreprise sur terre ne déclenche pas la même solidarité. Pourtant nettoyer la plage entre riverains, c’est de la solidarité. Ils sont tous solidaires envers un point commun, pour entreprendre quelque chose en groupe, ensemble, pour une entreprise collective.

Sur le bateau, je ne pense pas que ça soit le fait d’entreprendre quelque chose ensemble, c’est le fait de se retrouver dans un espace réduit, sur un milieu qui n’est pas le sien.

Le mec, le jeune sur un bateau qui ne peut pas engrainer la poulie, va être tout de suite pris en charge, non pas pour l’apprentissage, mais pour la sécurité de l’équipage, celui qui va faire à sa place, c’est la réalité pour parer à un danger. Une poulie mal engrenée, c’est très dangereux pour tous.

La solidarité, n’est pas dans le bonheur ou le bon fonctionnement, la solidarité, c’est dans l’extrême, c’est aider les gens par un sentiment pur et simple.

Même des gens qui ne s’entendent pas. Les mecs, même s’ils ne se connaissent pas, ils ne sont rien, solidarité par le fait d’être dans le même bateau. Tu espères que les gens vont faire avec toi, ce que tu fais pour eux. Mais c’est spontané. 

 
RAPPORT NAVIRE AUTRES 
 

On se fait des signes amicaux. Oui, on salue, les autres bateaux, les barques de pêche etc… On se dit bonjour. En mer dès fois, c’est sporadique, de rencontrer un bateau, tu dis bonjour, sauf dans les coins où il y a trop de monde. On fait en sorte de respecter la priorité, on se rapproche, le premier réflexe, c’est d’aller voir l’autre et l’autre aussi si l’on est sur la même route. Dès qu’on se voit, on se regroupe pour se mesurer, pour se voir… Tu vois un bateau tous les trois ou quatre jours, alors quand tu en vois un, tu vas le voir. 

 
DEFINITION DES TERMES
 
 
Tout ça se regroupe.

La solidarité, c’est aider les gens sans réfléchir, l’amitié, aimer les gens ; Tu es solidaire ou tu ne l’es pas. En règle générale les gens de mer sont solidaires. Ils ont un sens très approfondi de l’amitié. Une personne qui a des sentiments très négatifs envers autrui ne sera jamais solidaire.

Les gens pas solidaires qui ne savent pas être solidaires, dans les marins, ces gens seront tout seuls. Ils seront exclus, par exemple, les fachos qui méprisent les cap de Verdiens se retrouvent seuls. Il y avait un voleur noctambule au quotidien, entre mecs des bateaux, ils en ont désigné 4 ou 5 pour veiller toute la nuit. Ils l’ont tabassé et remis aux flics.

Des gens peuvent ne pas comprendre le pays où ils arrivent. Il y a des gens faibles qui n’appliquent pas les normes qui ont des envies, il se passe un phénomène de jalousie ou de vol… dès que tu mets le pied sur terre ils arrivent à 15 te demandent un job pour gagner trois ronds. Donc la réaction entre mecs de bateau est très différente, une personne non solidaire racontera que ça s’est mal passé. Le fait de s’asseoir sur ce qu’on t’a piqué, ça s’est de la solidarité. Question de bon sens, en réfléchissant, tu sais qu’une chose ne va pas sans l’autre. Aider par bon sens, tu l’as ou tu ne l’as pas.

Aider les gens, il y en a qui s’en foutent. Même dans le milieu de la mer, il y en a qui s’en foutent.

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