Et aussi...

Découvrez la bourse de la voile pourave. Trucs, astuces, échange de matos et d'équipage.


Les 10 commandements de la voile pourave.


Mon animal totem est la pieuvre. Et vous, lequel est-ce ?


D'où viennent les photos qui sont sur ce site ? La réponse.

W3C

  • Flux RSS des articles

Voile pourave, la voile qui craint

Voile pourave : le site du clochardisme marin



Si vous trouvez que :

Alors, ce site est le vôtre.

Que esta, la voilé pouravès ?

La voile pourave, c'est une manière de faire du bateau sans s'énerver. Que le tonnerre gronde, que la tempête se rapproche, peu importe... De toute façon le bateau est déjà percé de partout, donc que peut-on bien y faire ?

La voile pourave a une longue histoire, les pirates, les nomades marins, les gitans des mers l'ont pratiqué. Voilà, sur ce sujet, tout est dit.

Mais la voile pourave dont il est question ici, commence aux éclaireurs marins, à la FEEUF, dans les années 1980/1990. C'est durant cette période, chez des jeunes sans le sous à qui on avait laissé des petits habitables à libre disposition, que des pratiques et une philosophie vont se développer. Hélas, elle décline, faute de voileux pouraveux et de bateaux qui flottent. Mais elle a quand même résisté à l'assault de l'oubli, vaille que vaille. Les grandes idées ne meurent jamais ! Une fois que les fondements, les pratiques et la philosophie de la voile pourave avaient été inventés sur le tas, rien n'aurait pu les faire péricliter.

Aujourd'hui, c'est le grand retour. La voile pourave renaît de ses cendres. Et mieux. Bientôt, le mouvement de la voile pourave va déferler sur les côtes. Pour le meilleur et pour le pire !

La voile pourave est un art de vivre. Un art de rendre son bateau sale, peu avenant, impropre à la navigation hauturière et franchement différent du bateau cannois standard.

L'objectif de la voile pourave est de faire de la voile une activité de miséreux, de geeks, d'ouvriers allumés et d'artistes ratés. Une fois cet objectif atteint, les riches plaisanciers auront honte de faire de la voile. Ils se rabattront sur leurs terrains de Golf et leur Porsche Cayenne, et c'est tant mieux. Du vent...

Comment faire de la voile pourave ?

La voile pourave n'est pas une blague. Elle existe, et on peut la pratiquer. Voici quelques conseils.

Tout d'abord, il vous faut un bateau. Hélas, tout autour de vous, on a du vous affirmer à maintes reprises qu'un bateau, ça coûtait très cher. Erreur. Les beaux bateaux coûtent cher. Mais il est toujours possible de vous trouver un vieux bateau crado à un prix tout à fait raisonnable. Quels sont les critères à l'achat ? Moins de 3000 euros. Un bateau qui flotte. Un 6 mètres minimum. Voilà, vous y êtes.

Vous pouvez aussi vous construire un radeau, une barque, une poubelle flottante, une pirogue ou un kayak. Tout est bon.

Le pire ennemi du voileux-pouraveux : les capitaines de port qui veulent lui faire payer des nuits au port à des prix déraisonnables. Aussi évitera-t-il soigneusement les ports trop chers. Il mouillera juste en face du port, là où ça ne coûte rien. Si jamais il doit payer des frais, alors il trouvera sa subsitance sur place.

Une fois au port, le voileux-pouraveux est un authentique punk. Il fait la manche, met la musique à fond, il drague les premières femmes (ou hommes) qu'il croise dans la rue, se saoule, se vautre dans les poubelles, dort sur les pontons, met les bars sans dessus dessous, joue de la musique inaudible ou de la casserole sur les quais (l'idéal étant de ne pas savoir jouer), il se nourrit de poissons grillés, fait les poubelles des restaurants pour se nourrir, squatte des terrains vagues, etc. Le voileux pouraveux se fait plaisir. Tant pis pour les autres.

Mais c'est lui qui fait vivre les ports. Car la voile pourave est un art.

Le bateau d'un amateur de voile pourave est organisé. Mais le fond de son bateau est une poubelle où il entasse ses déchets. C'est comme ça. Etre organisé ne veut pas dire propre. Diable ! Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Pareil. Un voileux pouraveux assure la sécurité en mer. Mais il n'a pas besoin d'en faire tout un fromage. Une fois assuré l'essentiel de la sécurité, pas besoin d'en parler pendant 10 ans.

Pour faire de la voile pourave, il y a deux cas : avoir un bateau communautaire. Comme ça, on évite les embrouilles. Avoir une flotille. Avoir un bateau, sans s'en sentir le chef suprême. Comment s'organise un équipage de voile pourave ? C'est très simple. Pas de chef à bord. Auto-organisation. Auto-gestion.

Où faire de la voile pourave ?

Partout. Là où le coeur vous en dit. Là où les femmes (les hommes, les mutants, ou les chèvres...), l'argent et le rhum coulent à flot. Là où vous pouvez pratiquer votre activité de parasite en toute liberté.

De bons spots.

La Charente-Maritime : c'est un lieu idéal. Plein de ports partout, la navigation est facile, les gens sont tolérants, il y a plein de touristes pour faire la manche, et pour draguer. Il y a pas mal de coin où on peut mouiller gratos. Vous pouvez aller faire la manche sur Ré ou LR en été et en hiver. Une vie de nomade marin bien remplie.

La Bretagne. C'est également idéal. En plus, ça fixe un objectif : faire le tour de la Bretagne.

Le Groënland : ça doit sûrement être sympa.
L'Antarctique : un endroit rêvé.

La Gironde : C'est du voilage poucrave dans les règles de l'art. La Gironde, c'est crade, il y a des coins où les gens sont à moitié attardés (Blaye et le Médoc, c'est le fin fond de l'Europe), il y a des îles abandonnées, de la vase partout (même avec la meilleure volonté du monde, votre bateau sera sâle. Pour vous refaire une santé, c'est impeccable, il y a les riches ports de Royan et alentours, voire Bordeaux, pour les plus courageux. En plus, il y a plein de conches, où mettre le bateau gratuitement. Et en remontant vers la Dordogne, vous arrivez dans des endroits déserts.

Vous voulez tester la voile pourave ?

Facile. Trois cas.

1. Vous avez déjà un bateau, vous aimez voyagez seul ou en petit groupe. Vous êtes sur la bonne voie. Laissez-vous aller. Peu importe les on-dit, vous allez de port en port, semant la ruine et la désolation de la voile clean sur votre passage. Que ceux qui bichonnent leurs bateaux qu'ils sortent trois fois par ans, aient les boules. Vous affichez ostensiblement votre esprit de la voile pourave. Mais qu'ils se convertissent à la voile pourave, si ils ne sont pas contents !

2. Vous avez un bateau et vous souhaitez vous mettre en flotille pour répandre aux quatre coins du monde la voix de la voile pourave. Tant mieux. Il faut s'unir. Luttons pour la gratuité des ports.

3. Vous n'avez pas de bateau. Il y a le bateau-Stop. Au pire, tentez de vous incruster dans un équipage de voile clean pour le corrompre. Si vous habitez vers la Charente-Maritime, contactez-moi.

voilepourave@yahoo.fr

Copyleft 2006. Benjamin Grassineau. Licence pourave.

Vendredi 19 janvier 2007

La voile pourave a beau être un truc de déjantés, il n'en demeure pas moins qu'un bon voileux pouraveux assure un minimum de sécurité. Ce n'est pas un plaisancier irresponsable. Voilà donc quelques conseils de base, si vous démarrez dans la voile pourave et si vous ne connaissez pas grand chose à la navigation, pour éviter de passer trop souvent à la baille et finir au fond d'un filet de pêche !

La règle de base dans la voile, c'est que la vie de l'équipage est prioritaire par rapport à celle du bateau (surtout si le bateau est tout pourave). Mais, le bateau en mer, c'est pourtant notre meilleur ami. Donc on ne quitte un bateau que lorsqu'on est sûr qu'il est en train de couler ! Et attention, une cale remplie d'eau ne veut pas dire que le bateau coule... Ca veut juste dire qu'il y a un truc qui cloche et qu'il faut commencer à s'inquiéter !

L'autre règle de base, c'est que sur mer, le deuxième et principal atout, c'est le bon sens. En principe, on en est naturellement fourni, alors autant s'en servir. Le bon sens, ça permet d'évaluer grossièrement les traits les plus importants d'une situation, sans s'arrêter sur les détails, afin de savoir à peu près comment elle va évoluer et comment il faut réagir. Par exemple, au billard, vous devinez grâce à votre bon sens que les boules ne servent pas à se faire un café serré. Au rugby, quand une armée de all blacks faisant chacun plus de 120 kilos arrivent sur vous en hurlant pour vous piquer le ballon, vous savez instinctivement qu'il ne faut pas le garder trop longtemps (finalement, si c'est tout ce qu'ils veulent...). C'est pareil quand vous vous faites arrêter par les flics avec 3 grammes dans le sang, vous vous doutez bien, grâce à votre bon sens de gars bourré, qu'il faut tenter à tout prix les semer en faisant un rodéo sur le parking de la boîte de nuit. Idem lorsque vous vous retrouvez dans le lit d'une magnifique tigresse qui vous supplie de lui faire l'amour comme un cheval fougueux (ou l'inverse), votre bon sens est là pour vous aider à trouver le mode d'emploi. Pareil également, quand vous entrez dans un mac do pour la première fois. Votre bon sens vous informe sur le fait que c'est probablement un endroit qui sert à se restaurer et que les caissières ne sont pas des infirmières qui pratiquent régulièrement des opérations chirurgicales sur les tables de restaurant (quoique...). Donc, en bon voileux-pouraveux, ce n'est pas nécessaire de se surcharger de matos électronique et de passer des heures à apprendre des manuels et le code de la mer. Il faut d'abord se fier à son bon sens.

Cela étant dit, sur mer, comme sur la route ou dans l'espace, il y a quelques dangers de base. Y a pas besoin d'en parler trois plombes, mais il vaut mieux les connaître. Pour soi (à moins d'être un voileux gothique suicidaire fan de Nirvana), pour ceux qu'on emmène à bord et pour les marins de la SNSM qui n'ont pas forcément super envie de secourir bénévolement des plaisanciers irresponsables au péril de leur vie. En gros, il y en a sept.

- Le premier : tomber à la flotte. C'est comme tomber en perdition dans l'espace... Donc, toujours faire gaffe : s'attacher quand on barre par gros temps, faire gaffe en pissant (surtout si on est seul à bord...), s'assurer qu'on peut remonter sur le bateau facilement, s'assurer que le bateau va pas se barrer quand on se baigne, faire attention aux enfants, etc. Pour ceux qui le sentent pas trop, se coller une brassière sur le dos. Mais là encore, du bon sens, toujours du bon sens...

- Deuxième emmerde : le feu à bord. Statistiquement, c'est paraît-il la galère la plus fréquente sur un bateau. Bon, y a quelques règles de base. Eviter les barbecues dans la cabine, éteindre les bougies après avoir fait des guili-guilis à son partenaire (femme, homme, androgyne, chèvre, phoque, mouette, ours, baleine, mouchoir, méduse d'aldébaran, poulpe, bar, pingouin, godemichet, poupée gonflable, anémone de mer, androïde, etc.) ... Une règle qui est plus vicieuse, c'est de faire gaffe aux bouteilles de gaz. Mal arrimée, une bouteille de gaz, ça peut être dangereux.

- Troisième emmerde : la météo. En gros, c'est pas compliqué. La première règle : se fier à l'instinct. On a déjà une météo perso dans la tête. Un superbe soleil en plein mois d'aout, dans une mare à canard du Gers, on est à peu près tranquille et on le sait. Mais gare à la pétole. Et puis sur une mare, le temps ça change vite... Un orage magnétique est vite arrivé. Sinon, il y a plein de moyens pour se procurer la météo facile. Et je dirai que c'est une autre règle de base de toujours vérifier la météo d'une manière ou d'une autre avant d'appareiller. Si bien que de nos jours, un plaisancier qui part sans connaître la météo, c'est un irresponsable. On peut par exemple la choper sur le net : http://www.windguru.cz/fr/, au port, par téléphone, on peut écouter les bulletins à la radio, etc. Il vaut mieux se renseigner dans une capitainerie si on n'est pas trop au courant. En général, ils aiment bien les marins prudents, et ils ont raison. Un lien pour être mis au parfum. http://christian.navis.free.fr/meteo.html. Autre règle, ne pas s'amuser à sortir par gros temps. On passe un mauvais moment, le bateau aussi, et ça sert à rien de se pourrir la vie. Moi, je dis, pour du cabotage, force 6 grand maximum. Pas besoin d'aller à l'abattoir... a moins d'adorer avoir le mal de mer...

- Quatrième emmerde : se perdre en mer. Sans que ça frise à l'obsession, il faut essayer de savoir régulièrement, surtout si l'on est proche des côtes, où l'on est. Parce qu'on  peut très bien se retrouver téléporté sur une autre planète sans s'en rendre compte. Comme dans Star Trek. Donc, par prudence, il vaut mieux se munir de cartes marines (pas de cartes routières...) et de cartes inter-galactiques. Aujourd'hui, il y a le gps, mais attention, ces engins-là, ça tombe en panne et ça ne fonctionne pas au delà de l'orbite terrestre. Donc, truc indispensable : savoir faire le point aux étoiles et idéalement avoir une vingtaine de gps de rechange. Bon, mais faut rester raisonnable. Si on fait des sorties à la journée, pas besoin de sortir l'attirail. Vous en prenez cinq ou six, c'est amplement suffisant. L'objectif, c'est quand même de passer un bon moment sur l'eau... Cela dit, ne pas oublier le livre de bord (à acheter dans un magasin où ils vendent du matos marin ou dans n'importe quel magazin de fringues). C'est bien pratique de jour comme de nuit, et ça meuble les temps morts.

- Cinquième emmerde : les côtes. En mer, il faut toujours se méfier des côtes. Y a deux raisons. La première, c'est que les côtes, c'est un peu comme les champs d'astéroïdes dans Star Trek, on risque d'exploser son bateau et l'équipage sur la côte. La seconde, qui est plus traître, c'est que près de la côte, il y a des déferlantes... Les déferlantes, ça ressemble aux ondes magnéto-gravitationnelles triphasées dans l'épisode 17 de la 3ème série de Star Trek. Grosse méfiance donc, dès qu'il y a de la houle ou du gros temps. Les déferlantes, ça prévient pas, mais ça fait mal. Pour ceux qui se trouvent dans une telle situation, il faut se coller perpendiculairement aux vagues, mettre les gaz à fond et espérer qu'un ange gardien veille sur l'équipage... Ou que le capitaine Spock s'est saoûlé la veille, qu'il se trompe de numéro de téléportation, et qu'il vous téléporte sur la planète des vahinés où une épidémie a décimé les derniers hommes reproducteurs encore vivants (l'inverse si vous êtes une femme, un homosexuel ou un pingouin humanophile). Pour les voileux(se) pouraveux(se) vraiment super serein(e), il y a aussi moyen d'en profiter pour se faire une petite réussite ou un poker inter-galactique...

- Sixième emmerde : il faut réagir vite. Quand une couille arrive sur un bateau, en général, ça vient vite. Mais c'est pas comme un accident de voiture. Vous voyez le drame arriver. Ca peut durer cinq minutes, une minute, trente secondes, avant que ça ne dégénère pour de bon. Donc, pour éviter ça, je vois trois règles. 1. Toujours garder son calme. Il suffit pour cela de penser à la planète des vahinés ou des tanés, et se dire que finalement, on est un peu fiu de toute cette agitation. De toute façon, s'énerver empire la situation et fait accomplir des gestes inconsidérés. 2. Avoir le matos important à portée de main. C'est à dire, le matos de sécurité, la boîte à outils, la boîte à pharmacie, les parachutes, le sous-marin de poche, la bouteille de pineau des charentes, la télé portable, le lave-linge, l'épluche-patates, la collection de peigne, une paire de Kenzo pour les soirées chiques et la ventouse pour déboucher les chiottes. Que le bateau soit en bordel, ce n'est pas un problème du moment que tout le monde sait sur le bateau où se trouve ce matos de sécurité, et du moment que le bordel n'empêche pas d'accéder à la cabine principale en moins de 10 minutes (au pire, il faut garder une machette à portée de main pour vous frayer un chemin dans le bordel...). Donc, quand on monte des gens à bord, ce que je trouve pas mal, c'est de commencer par leur montrer où se trouve ce matos, et de leur faire un petit breafing si ils n'y connaissent rien, ou même si ils connaissent quelque chose pour leur rafraichir la mémoire. Un conseil, ceux qui commencent à jouer aux rebelles ou ceux qui semblent mieux connaître la navigation que vous, vous les virez à coup de pied dans le cul, ou vous les envoyer nettoyer le moteur. Il faut parfois savoir se faire respecter. 3. Il faut éviter d'accumuler les couilles sur le bateau. Deux couilles sur un bateau, c'est le maximum. Après, ça risque de dégénérer. Une couille, ça suffit. C'est même plutôt pas mal, comme ça, ça occupe l'esprit. Mais il en faut pas plus. Y a plein de gens qu'en ont qu'une et qui s'en sortent très bien (merci dame nature de nous avoir fait une couille de secours). Avec ces trois règles de bon sens, tout le monde est paré pour réagir au quart de tour.

-Septième emmerde. Les cataclysmes. Il vaut mieux toujours rester sur ses gardes. On est jamais à l'abri d'une pluie d'astéroïdes, d'une collision avec un sous-marin nucléaire, d'un tsunami, d'une attaque nucléaire, d'une téléportation ratée d'une baleine galactique à cause d'une cuite mémorable de Spock, d'une invasion par des aliens surarmés qui viennent du fond des océans, etc. Il y a donc quelques petites techniques de base, simples et efficaces, pour parer à ce genre de soucis tout de même assez fréquents. Je les récapitule ici.
Premièrement, la coque en plomb de 2 mètre d'épaisseur recouverte d'une couche de titane d'un mètre d'épaisseur et d'une couche de matière thermo-luminescente à guidage laser triphasé (ça c'est pour prévenir des attaques de calamars géants).
Deuxièmement
, avoir ses adresses à la CIA et au FBI. Ben oui, vous croyez vraiment qu'ils sont pas déjà au courant des choses qu'ils nous cachent... Sacré naïf que vous êtes...
Troisièmement, pratiquer les sciences occultes pour communiquer avec l'au delà, avec les extra-terrestres et avec les baleines. Ca aide. Parce que souvent ils sont plus vite au courant des dernières news en matière de cataclysme.
Quatrièmement, être constamment en alerte. Il y a des petits signes qui ne trompent pas. Des oiseaux qui volent bizarrement, la surface de l'eau qui se ride de manière anormale,  les poissons qui ont un drôle de goût, votre équipage qui se transforme en lézard écaillé ou qui fait des conciliabules dans votre dos, un champignon qui pousse à l'horizon, un vaisseau spatial qui cache le soleil et les nuages depuis quelques jours, une vague de 50 mètres de hauteur qui arrive dans votre direction (mais ne paniquez pas pour si peu), etc.
Cinquièmement, apprenez à parler aux mulets. On ne sait jamais, si les extra-terrestres débarquent et qu'ils ressemblent à des mulets, votre compréhension des mulets pourra peut-être vous sauver la vie.
Sixièmement, ne partez jamais sans avoir prévu des vivres et du matériel pour au moins trois ou quatres années d'isolement complet. Emmenez-vous pour tenir le coup, les oeuvres complètes de Karl Marx, Gérard De Villiers et Chateaubriand. Avec ça vous aurez de la lecture pour un bon moment et vous pourrez méditer longuement sur le sens profond de l'oeuvre de Gérard de Villiers.
Septièmement, préparez-vous des moyens de quitter le bateau rapidement. Par exemple, une fusée de secours, un sous-marin pour s'enfuir, un passage sous-marin, un cockpit éjectable, etc.
Huitièmement, entraînez-vous au combat au corps à corps. Ca peut servir en cas d'hiver post-nucléaire où les hommes seront revenus à l'état sauvage (quoique nous y sommes peut-être déjà...).
Neuvièmement, prévoir des boules quiès pour résister au chant des sirènes.
Dixièmement, demandez conseil aux autres plaisanciers et aux capitaines de port que vous croisez. Ils seront ravis de vous renseigner. Et ils sont peut-être au courant de prévisions cataclysmiques que vous ignorez... Mais méfiez-vous que ce ne soient pas des aliens. Signe de distinction : ils portent des vareuses et des botalos.

Bon, ben voilà. Conclusion : il y a pas besoin de faire tout un cinéma avec la sécurité sur mer. Du moment qu'on fait normalement attention, tout baigne. C'est comme en voiture, il faut pas faire complètement n'importe quoi. Il faut par exemple éviter de montrer ses fesses ou ses nichons aux flics en les insultant. Il vaut mieux, tout au moins les jours de départ en vacances, éviter de prendre les autoroutes en sens inverse. Il n'est pas non plus très prudent de rouler au dessus de 200 km/h dans les petits villages de campagne, ou de s'arrêter au feu vert mais accélérer aux feux rouges, etc., mais bon, on comprend vite l'essentiel... Et sur mer, il n'y a aucune raison d'avoir peur. Mis à part la présence assez régulière de calamars géants, ce n'est pas plus dangereux qu'en voiture (au moins, il n'y a pas de dahus). Ca remue un peu plus, c'est tout.

Un dernier truc. Une règle qui se vérifie souvent sur un bateau, c'est que les gens sont motivés pour se bouger et pour participer, et qu'ils apprennent vite en observant. Ce qui veut dire que sur un bateau il n'y a pas besoin d'être scolaire et de pourchasser les glandeurs, il suffit juste de les laisser bosser à votre place et de menacer de les jeter par dessus bord si ils contestent vos ordres. Si vous faites ça, vous verrez que la bonne volonté, sur un bateau, ça vient tout seul. Donc pour être un bon voileux-pouraveux, il vaut mieux ne pas donner des ordres à tour de bras, ne pas distribuer les tâches, et tout ce beau monde sur le bateau se sentira comme un poisson dans l'eau. La raison en est que tout le monde sur un bateau a envie d'apprendre. Surtout quand le bateau est à la dérive depuis plusieurs jours et que les vivres commencent à manquer. Et puis, à quoi bon prendre les autres membres de l'équipage pour des incompétents, des feignants, des valets et des irresponsables, puisque vous l'êtes aussi... Au moins, en ne glandant rien, vous êtes sûr de ne pas paniquer, ou pire, de jouer au savant ou au petit chef. Et c'est bien ça qu'est le plus chiant sur un bateau.

Bon, ben finalement, c'est bien vrai qu'il n'y a rien de plus facile au monde que la navigation...

Et vive la voile pourave.

Par Grassineau Benjamin - Publié dans : Philosophies et pratiques de la voile pourave
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 19 janvier 2007


La tournée bateau.

Cet été, j'organise une tournée bateau. Le principe est simple. Dès que les beaux jours arrivent, je pars avec qui le veut pour faire une tournée en bateau (sur un 7m). Ceux qui veulent ramener leur bateau sont les bienvenus. Nous nous arrêtons dans les ports, un peu partout et on joue n'importe où (sur les pontons, dans les bars, dans la rue, etc.). Bon plan tourisme. Bon moyen de se faire des connaissances dans le monde de la Mer. Sur mon bateau, il y a 5 couchettes, mais on en enlève 1 ou 2 à cause des instruments. On filmera la tournée, et on commercialisera la cassette vidéo (on l'envoie à Thalassa !). Deux destinations possibles : 1. On remonte jusqu'en Bretagne. 2. On descend le canal du midi jusqu'à Marseille, puis, on fait le tour de la péninsule ibérique avec escale probable au Maghreb. Le deuxième est plus difficile à réaliser mais pourquoi pas...


Voilà. Qui m'aime me suive. voilepourave@yahoo.fr

Par Grassineau Benjamin - Publié dans : Musique et voile pourave
- Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 11 janvier 2007

Les quais de Bordeaux

Le Punk Marin est un zonard des mers.

Pour lui, la navigation, c'est no future = no météo.

Quand il veut, il rentre dans ton bateau de bourgeois. Et tant pis pour toi, fallait pas être sur sa route...

Le punk marin écoute du hard-core-métal-chants-de-marin. C'est du chant de marin en grunge. Ca te bousille les oreilles.

Le punk marin déchire sa vareuse et dessine une grosse tête de mort dessus. Il se lave jamais les cheveux, et il les teint à l'anti-fouling.

Le punk marin, il tague son bateau de graffitis obscènes, juste pour provoquer les bourgeois capitalistes.

Le punk marin, il aime le rhum, le sexe dans le cockpit, la drogue, les solvants et le grindcore marin. Ce qu'il aime pas, par contre, c'est la musique classique et le thé à quatre heures.

Le punk marin, il fait ce qu'il veut parce qu'il a envie de le faire. Tu le croises sur un ponton, t'as intérêt à changer de trottoir, sinon, il te coule ton bateau.

Parce que le punk marin, faut pas le chercher.
Par Grassineau Benjamin - Publié dans : Philosophies et pratiques de la voile pourave
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 10 janvier 2007



1. Tu abdiqueras ton pouvoir de commandement. Nul ne détiendra moins de pouvoir que toi sur un bateau.


2. Tu mettras tout en oeuvre pour être honni et houspillé dans les ports que tu traverses. Tu seras un vrai punk marin et un authentique squatteur de bateau.


3. Tu vivras d'amour et d'eau fraîche, sans te soucier du lendemain.


4. Tu voyageras pour t'ouvrir au monde, découvrir des cultures, animer les ports à ta manière. Tu deviendras un gitan des mers.


5. Tu seras toujours là pour rendre service, prêter ton bateau, dépolluer la mer et déséchouer les baleines. Tu n'excluras pas les gens qui veulent s'associer avec toi. Tu formeras avec eux de grandes confréries de gitans des mers qui sillonneront les mers du globe.

 

6. Tu renonceras à faire de la voile un outil de classement social.


7. Tu tenteras de dépenser le moins de tunes possible en matos, ports de plaisance et autres attrape-plaisanciers. Tu vivras de pêche, d'activités intellectuelles, de musique et de petits boulots. Tu seras un clochard marin.


8. Tu militeras ardemment pour que la voile redevienne une activité de miséreux, d'anargeeks, d'écolos et d'ouvriers allumés. Tu répandras dans tous les ports du monde la voix de la voile pourave, jusqu'à ce qu'on en ait marre de toi et que l'on te chasse des ports.


9. Tu te trouveras un totem qui est une espèce marine en voie de disparition, et tu t'y conformeras. Tu deviendras alors le défenseur acharné de cette espèce. Ainsi, tu assumeras ton côté tribal et tu protégeras l'environnement.


10. Tu désobéiras à l'un, au moins, de ces dix commandements.
Par Grassineau Benjamin - Publié dans : Philosophies et pratiques de la voile pourave
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 8 janvier 2007

 

Loin, très loin dans les tréfonds de la civilisation moderne, il y a l'internaute moyen. Il se positionne tout en bas de l'échelle de l'évolution humaine, dans les caveaux de l'humanité déclinante. Le mouton est de loin bien plus original, ambitieux, plus insaisissable dans son comportement, que cette espèce régressive qui s'imagine avoir trouvé un sens à son existence en squattant des forums. L'internaute moyen se caractérise par son goût de l'ordre et de la sécurité, il aime la foule. Et il aime surtout la hiérarchie. Il n'est à son aise que lorsqu'un modérateur ou un administrateur traîne dans les parages. Parce qu'il ne faut pas se leurrer, ce qui caractérise Internet aujourd'hui, c'est la hiérarchie. On ne peut pas y couper, le réseau des réseaux est en train de devenir une immense machine à classer, où quelques tyranneaux font régner leur loi impitoyable sur les forums, méga-sites ou autre bidules soi-disant communautaires. Pendant ce temps, tout le monde continue à s'imaginer qu'Internet va rester un réseau libre et ouvert... Mais l'a-t-il jamais été ? Ben tout dépend ce qu'on veut en faire...

 

On peut faire d'Internet un outil de communication et de transmission des savoirs, simple, efficace et convivial. Un méga-forum. Mais c'est hélas sans compter sur la présence de petits chefs militaires déjà bien implantés... Car il y a sur Internet, comme partout ailleurs, des ambitieux minables, qui jouissent dès qu'ils ont un peu de pouvoir entre les mains. Ils n'attendent qu'une chose, pouvoir en coller plein la gueule à un newbie, ou à un pauvre type qui erre sur les forums en quête de renseignements ou de discussions sincères. Bien sûr, tout le monde n'est pas à la hauteur. Il y en a qui sont plus gradés que d'autres. En général parce qu'ils ont été parmi les premiers à créer un site (sans idées, mais ils ont occupé le terrain en premier) ou parce qu'ils ont un pauvre statut minable qui leur donne un peu de pouvoir. Derrière ces chefs autoritaires, dignes héritiers du lieutenant-caporal de nos casernes, il y a les petits caporaux qui suivent leurs lieutenants docilement. Ils forment un vaste troupeau, toujours prêt à s'en prendre au pauvre malheureux qui aurait l'outrecuidance de faire un pas de travers sur un forum. Ils cherchent le bouc-émissaire, la victime, la petite minorité à haïr, c'est plus fort qu'eux. C'est congénital. Généralement, ce sont de pauvres types, gras et laids, rivés dans leur fauteuil, qui suent à grosses gouttes derrière leur ordinateur, donc il faut bien qu'ils compensent. Dans leur petite vie minable, ils s'en prennent plein la gueule. Sur Internet, ils décompensent. Ces types sont donc bien en deçà des amibes. Ce sont de pauvres rats qui se battent pour un bout de lard, des descendants de paysans habituer à trimer et à tirer le boeuf. Des débris qui tremblent dès qu'ils voient un galon.

Voil. Ab. (définition : c'est une fiction, une entité virtuelle où se regroupent les voileux aberrants, abrutis et abrutissants. Tant mieux pour ceux qui comprennent) est un regroupement de ces pauvres hères. Et puisqu'en bon clochard marin, j'ai vais parfois les insulter pour me faire éjecter de leur terrasse de gens bien pensant, je vais en rajouter une couche. Les bouffons de Voil. Ab. veulent démocratiser la plaisance. Grand mal leur en prend. Car faut-il voir autre chose dans leur programme qu'une sorte de croisée de missionnaires bien disciplinés qui s'imaginent faire oeuvre de bienfaisance en répandant la parole divine ? Ben non. La démocratisation de la plaisance, c'est une hypocrisie. C'est une des nombreuses variantes d'un gros foutage de gueule généralisé qui consiste à faire croire aux pauvres que si ils font ce que les bourgeois font, ou si ils ont ce que les bourgeois ont, ils iront vers plus de démocratie. Ce qui est surprenant dans l'histoire, c'est que ça fait trois cent ans qu'on nous balance cette rengaine et qu'il y a encore autant de gens pour y croire.

 

Bon, mais parlons-en de cette démocratisation de la plaisance. C'est quoi le but ? Le but, pour certains, c'est de pouvoir faire comme les riches. Stop. Arrêtons le délire. La voile, ça ne coûte rien. A l'origine, c'est un truc de pauvres, un truc de gars normaux, comme vous et moi. Ce qu'on veut nous faire gober, c'est que la démocratie, c'est le fait d'avoir accès à ce que les riches ont, à leur manière de faire et de penser. Mais dans ce cas, la démocratisation, c'est le renforcement des privilèges des privilégiés. C'est croire que ceux qui n'ont pas, doivent envier ce que les privilégiés ont. Et qu'est-ce qui fait le privilège de ces privilégiés ? C'est de s'imaginer qu'on les envie. C'est de se croire au sommet de la pyramide. Aujourd'hui, la démocratisation de la plaisance, c'est ça. Il faut faire de la voile comme la font les riches. Et c'est à cette condition qu'on se démocratise... Partant de là, il y a une montagne à gravir, avec toutes les étapes. Au final, si tu te comportes bien, si t'as bien suivi toutes les leçons, tu peux espérer avoir un 12-13 m à 60 ans pour faire ton tour du monde. Manque de bol, t'en as tellement trimé toute ta vie pour te payer ton bijou, que t'es devenu un gars super con, qui maugrée sans arrêt dans sa moustache, et qu'a franchement plus envie de faire grand chose. T'y vas, tu le fais parce qu'il faut le faire, mais tu ferais le tour de Floride en camping-car, ça reviendrait au même. En fait, t'as même plus envie de baiser, et c'est pas demain la veille que t'iras courir les p'tites dans les ports. Dans le pire des cas, t'es devenu un sac à vin (parce que le plaisancier, en général, ça picole) incapable d'aligner deux phrases sensées; au mieux, t'es un de ces espèces de vieux retraité bien portant qu'est franchement super con, et qui reste dans son coin à dilapider son capital. Il y a rien d'autre à dire là dessus. T'es super naze, t'es un vieux méprisant, tu sens l'odeur du fric qui se disperse. Point.

 

Voilà donc à quoi nous mène cette démocratisation de la plaisance. À une armada de camping-cars qui vont envahir nos ports et polluer la mer. Le comportement de ces nouveaux riches ne différera pas de l'amateur moyen de camping-car. Pour sûr, à force de se refiler des bons tuyaux, ils auront des plans pour naviguer pas trop cher avec du bon matos. Mais ils s'entasseront tous dans les ports comme des sardines dans une boîte. Ils pollueront en masse les mêmes coins, parce qu'ils sont grégaires, ils aiment la foule. Il n'y a qu'à aller sur un forum de Voil. Ab. pour s'en convaincre, c'est déjà des petits moutons dociles, qui se sont collés des grades de militaires en fonction de leur ancienneté sur le forum, et qui sont prêt à gueuler tous en choeur, pour éjecter un clochard marin. Ils ont ça dans le sang. Ces gars là ne sont rassurés que lorsqu'ils sont du bon côté de la barrière. Et pour se sentir dans le rang, pour monter d'un échelon, pour se sentir supérieurs, il leur faut des marginaux. Ça les valorise. Donc pour sûr. Ils les reniflent de loin. Dès qu'il y en a qui traîne dans les parages, tu peux être sûr qu'ils vont se jeter dessus en rangs serrés.

 

C'est ça la démocratisation ? Sûrement pas. La démocratisation c'est le respect des libertés, l'ouverture, la tolérance. C'est la quête de l'égalité et de la diversité. La voile, c'est justement ce qui permet de s'ouvrir l'esprit, de rencontrer des gens différents, d'avoir un mode de vie différent, de changer de point de vue, d'apprendre la tolérance et le respect des différences. C'est en ce sens que c'est démocratique. Et voilà ce qu'est la vraie démocratisation de la plaisance. Après, chacun peut se faire sa poubelle flottante à sa manière. Y a pas besoin d'en parler trois plombes. Mais leur manière à eux de faire de la voile n'a rien à voir. Elle est aux antipodes. Ce qu'ils veulent, c'est parler de fric, de matos et de destinations dans le vent. Le hic, du coup, c'est qu'ils s'entassent tous en rang dans les mêmes ports, et qu'ils ne rencontrent plus que des gens comme eux. Et de quoi ils parlent quand ils se croisent ? De fric, de matos et de destination dans le vent. Alors après, comment ça pourrait leur ouvrir l'esprit ?

 

Des sardines en boîte. Franchement, c'est des sardines en boîte. Y a rien d'autre à dire.


Par Grassineau Benjamin - Publié dans : Anthropologie et philosophie de la voile
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus